Règles abondantes, seins sensibles, fatigue inhabituelle… Quand l’équilibre hormonal se dérègle, le corps le fait savoir. Comprendre la différence entre une fluctuation normale et un trop d’œstrogène aide à agir tôt. Ce guide clair et pratique vous montre les signes qui doivent alerter, les causes fréquentes et des solutions concrètes pour retrouver un rythme hormonal plus serein.
💡 À retenir
- Environ 30% des femmes souffrent de symptômes liés à un excès d’œstrogène
- Des études montrent que des niveaux élevés d’œstrogène peuvent augmenter le risque de cancers hormonodépendants
- L’impact de l’alimentation et du mode de vie sur l’équilibre hormonal est significatif
Qu’est-ce que l’œstrogène ?
Les œstrogènes sont une famille d’hormones sexuelles produites surtout par les ovaires chez la femme et, en plus petites quantités, par les glandes surrénales et le tissu adipeux chez les deux sexes. L’estradiol (E2) est la forme la plus active en âge reproductif. Ces hormones interagissent avec la progestérone, la testostérone, l’insuline et la thyroïde, d’où l’importance d’un équilibre global.
On parle souvent de “dominance œstrogénique” quand le corps exprime des signes de trop d’œstrogène par rapport à la progestérone, même si le dosage sanguin n’est pas toujours “élevé” en absolu. Ce déséquilibre peut survenir à tout âge, notamment en préménopause, après l’arrêt d’une contraception, dans certaines phases du post-partum ou en contexte de stress chronique.
Rôle des œstrogènes dans le corps
Les œstrogènes interviennent dans de nombreux systèmes. Ils sont essentiels, mais un excès relatif peut devenir inconfortable.
- Cycle menstruel et ovulation, épaississement de l’endomètre
- Santé osseuse et minéralisation
- Qualité de la peau, des cheveux et hydratation des muqueuses
- Fonction cérébrale, mémoire, humeur
- Métabolisme des graisses et sensibilité à l’insuline
- Protection cardiovasculaire
Les symptômes d’un excès d’œstrogène

Reconnaître les signes permet de réagir plus tôt. Le tableau n’est pas identique pour toutes, mais certains marqueurs reviennent souvent lorsqu’il y a trop d’œstrogène au regard des autres hormones.
On estime qu’environ 30% des femmes vivent régulièrement des symptômes compatibles avec une dominance œstrogénique. À long terme, un excès non pris en charge peut augmenter le risque de fibromes, d’hyperplasie de l’endomètre et de cancers hormonodépendants chez les personnes à risque.
Symptômes physiques
Ils se manifestent surtout autour des cycles et au niveau des tissus sensibles aux œstrogènes.
- Règles abondantes ou prolongées, cycles irréguliers
- Seins tendus, gonflés, douleur avant les règles
- Ballonnements, rétention d’eau, prise de poids hanches/cuisses
- Migraines liées au cycle, fatigue marquée en phase prémenstruelle
- Baisse de la libido, sécheresse vaginale chez certaines
Symptômes émotionnels
Les fluctuations hormonales influencent les neurotransmetteurs. Un excès relatif d’œstrogènes peut amplifier certains ressentis.
- Irritabilité, nervosité, impatience
- Anxiété ou sensations d’angoisse sans cause claire
- Variations d’humeur, hypersensibilité
- Troubles du sommeil, difficulté à s’endormir
- Brouillard mental, difficulté de concentration
Exemple concret: Julie, 35 ans, voit ses cycles passer de 28 à 24 jours, avec seins douloureux et sautes d’humeur une semaine avant les règles. En travaillant son alimentation, le stress et le sommeil pendant 8 semaines, ses règles redeviennent moins abondantes et l’irritabilité diminue nettement.
Causes de la dominance oestrogénique
Un trop d’œstrogène peut venir d’une production accrue, d’une baisse de la progestérone ou d’un défaut de métabolisation et d’élimination. Les cycles sans ovulation en préménopause, certains troubles de la thyroïde, le SOPK ou une hyperprolactinémie modifient cet équilibre. La grossesse récente et l’allaitement peuvent aussi perturber temporairement la balance.
Le foie et l’intestin jouent un rôle clé. Le foie transforme les œstrogènes en métabolites pour être éliminés par la bile et les reins. Un transit lent, une dysbiose ou un apport insuffisant en fibres favorisent la recirculation intestinale des œstrogènes. L’exposition aux perturbateurs endocriniens et certains médicaments peuvent également peser dans la balance.
Facteurs de risque
Certains facteurs augmentent la probabilité d’un excès relatif.
- Surpoids et graisse viscérale qui augmentent l’aromatase convertissant la testostérone en œstrogènes
- Stress chronique et manque de sommeil qui font chuter la progestérone relative
- Alcool régulier qui surcharge le foie
- Exposition aux xénoestrogènes: plastiques contenant BPA, phtalates, certains cosmétiques
- Transit lent, alimentation pauvre en fibres, dysbiose intestinale
À noter: un terrain familial de cancer du sein ou de l’endomètre, l’apparition de saignements entre les règles ou après la ménopause, et les migraines avec aura justifient un avis médical rapide.
Solutions pour rétablir l’équilibre hormonal
Bonne nouvelle: des ajustements ciblés de l’hygiène de vie peuvent réduire les symptômes en quelques semaines. Le but est de soutenir la production hormonale saine, le foie, l’intestin et la gestion du stress. Gardez un journal de cycle pour repérer les évolutions et évaluer l’impact de vos actions.
Si vos symptômes évoquent un trop d’œstrogène depuis plusieurs mois, avancez par étapes pendant 8 à 12 semaines. En cas d’aggravation, de douleurs intenses ou d’antécédents familiaux à risque, demandez un accompagnement médical personnalisé avant de poursuivre.