Vision d’Ezechiel

Giroud ou Mbappé ? La barbe : au-dessus ou en dessous de la couette ? Dextrogyre ou levogyre ? Ah, avec cette dernière, je vous ai surpris. Mais pas avec les deux premiers ? Tenez, tenez. Bon, sérieux. La carte du Monde, c’est une allusion à la fois à la vision d’Ezéchiel, mais aussi une présentation de l’Apocalypse, par Jean. Alors : Ezéchiel ou Jean ? Giroud ou Mbappé ?

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La vision.

« Autour de la Tente, selon un dispositif en carré, les douze tribus d’Israël, groupées en quatre camps de trois tribus. » (…) Les douze tribus d’Israël ont été souvent mises en rapport avec les douze signes du zodiaque que parcourt le soleil en une année. Le camp hébreu est un cosmos sacralisé. La disposition fondamentale des douze tribus groupées en carré, trois par trois, à chaque orient, survivra dans le temple idéal imaginé par Ezéchiel, puis enfin dans la Jérusalem céleste  décrite par Saint Jean dans l’Apocalypse : c’est elle qui apparait en filigrane, sous la forme des Quatre Vivants qui entourent le trône de l’Eternel, dans la grande vision inaugurale du chapitre 4. (…) Les tribus se groupaient par trois sous un même emblème. Il y avait ainsi quatre emblèmes qui étaient précisément ceux du Tétramorphe : Issachar, Zabulon, Juda : lion ; Ruben, Siméon, Gad : homme ; Ephraïm, Manassé, Benjamin : taureau ; Dan, Aser, Nephtali : aigle. La tradition juive fait correspondre à chacun des êtres les quatre lettres du nom divin YHVH : Y correspond à l’homme, H au lion, V au taureau, et le deuxième H à l’aigle. »

Le monde des Symboles, ed. du Zodiaque, abbaye de la Pierre-Qui-Vire, p.429

Apocalypse.

« Et le premier être vivant ressemble à un lion ; et le second être vivant ressemble à un jeune taureau ; et le troisième être vivant a le visage comme celui d’un homme ; et le quatrième être vivant ressemble à un aigle qui vole. Et les quatre êtres vivants, ayant chacun d’eux six ailes, sont pleins d’yeux tout à l’entour et au dedans ; et ils ne cessent, jour et nuit, de dire : Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le tout-puissant, qui était, qui est, et qui vient. »

Apocalyspe de Jean, 4, 7-8

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Bon, alors laissez-moi vous prévenir tout de suite, le développement sera assez long. D’ailleurs, vous le savez déjà, puisqu’en bon internaute que vous êtes, vous avez déjà scrollé jusqu’au bout de la page. Et si vous êtes remonté jusqu’ici, c’est que la présence de l’ésotérisme chrétien dans le tarot vous titille quelque peu les neurones. Allez, zou ! C’est parti. Courage à vous.

Ezechiel

Ezéchiel – avec ou sans accent sur le deuxième « e », les deux orthographes sont tolérées – est un prophète de l’Ancien Testament,  qui a probablement vécu au VIe. siècle av. J.-C. Son nom veut dire « Que le Seigneur le fortifie ». On lui attribue le Livre… d’Ézéchiel : quelle surprise !
Ézéchiel était sans doute un prêtre attaché au Temple. Il jouissait déjà de son vivant d’un grand prestige auprès de ses compatriotes. Il décrivit le tétramorphe, c’est-à-dire les « quatre êtres vivants » tirant le char divin, et que la tradition chrétienne interprète comme une représentation figurée des évangélistes Matthieu, Marc, Luc, et Jean. Et c’est ce qui nous intéresse ici. Car selon la vision que l’on consulte, la présentation de la carte du Monde s’apparentera plutôt à l’un, plutôt à l’autre.

Qui est qui ?

 « Dans la série des êtres vivants dont le Symbolisme chrétien s’est emparé, dès sa naissance, pour former la couronne mystérieuse du Christ, on trouve (…) ceux que le prophète hébreu Ezéchiel, à la fin du 7ème siècle avant notre ère, et l’évangéliste Jean, dans les premières années de l’Eglise, ont vu s’agiter en des visions dont ils nous ont laissé d’extraordinaires et troublants récits : Ezéchiel les nomme en cet ordre : l’Homme, le Lion, le Taureau et l’Aigle. Saint Jean les range ainsi : le Lion, le Taureau, l’Homme et l’Aigle.  Ils constituent ce que l’art sacré a nommé le Tétramorphe, ce qui veut dire « les Quatre Formes ».

L.Charbonneau-Lassay, le bestiaire du Christ, A.Michel, p. 35

Que nous propose 21/Monde : la vision d’Ezéchiel ou celle de Saint Jean ? Un mouvement dextrogyre ou levogyre ?
On lit une carte de tarot, comme un livre, nous dit 2/Papesse. De haut en bas et de gauche à droite. Soit : ange – aigle – bœuf – lion.
Zut ! Aucune des deux versions ne correspond.
L’ordre des évangiles, peut-être ? Matthieu, Marc, Luc et Jean.
Là, ça tient la route. La vision d’Ezéchiel serait-elle celle reprise à la fois par le tarot et le Tetramorphe ?

tetramorphe et carte du tarot
tertamorphe dans le tarot de marseille

Evangélistes.

Qu’est-ce qui me permet de dire cela ? Le lien entre les évangélistes et les animaux. C’est du chinois pour vous ? Jouons donc à l’Hermite et éclairons la lanterne.laughing

Le lion, le taureau, l’aigle, et l’homme-ange, sont connus comme les symboles des quatre évangélistes.

L’Homme – Mathieu


L’homme représente l’Incarnation. Il est attribué à Matthieu, qui entame son évangile par l’énumération de la généalogie humaine du Christ. C’est le premier des évangiles. Comme pour d’abord « cadrer » Jésus dans sa spatio-temporalité originelle.

« Livre des origines de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham : Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères, Juda engendra Pharès et Zara, de Thamar, Pharès engendra Esrôm, Esrôm engendra Aram,(…) »

Matthieu, 1, 1-3 (Tob)

A l’image du Pèlerin qui a effectué un travail sur lui tout au long de son cheminement et qui a dû s’interroger sur lui, son histoire, celle de sa famille et celle de son clan. Impossible d’accomplir une démarche en développement personnel sans s’être confronté à ses racines.

Lion – Marc


Le lion, qui est censé dormir les yeux ouverts, représente la résurrection. Il est attribué à Marc, qui commence son évangile en parlant d’un cri dans le désert.

« Commencement de l’Évangile de Jésus Christ Fils de Dieu : Ainsi qu’il est écrit dans le livre du prophète Ésaïe, Voici, j’envoie mon messager en avant de toi, Pour préparer ton chemin. Une voix crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, Rendez droits ses sentiers.é

Marc, 1, 1-3 (Tob)

Une fois le cadre (12/Pendu) familial trouvé, assimilé et remis à sa juste place, il est temps pour le Cheminant de trouver et prendre sa place, à lui. C’est la question du métier, de la vocation éventuelle. La lancinante question du : « A quoi tu sers ? », que je vous sers si souvent dans les séminaires de développement personnel.

 

Taureau – Luc

 

Le taureau, symbole du sacrifice, représente la Passion. Il est attribué à Luc, qui commence par relater le sacrifice de Zacharie.

« Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements accomplis parmi nous,d’après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et qui sont devenus serviteurs de la parole, il m’a paru bon, à moi aussi, après m’être soigneusement informé de tout à partir des origines, d’en écrire pour toi un récit ordonné, très honorable Théophile, afin que tu puisses constater la solidité des enseignements que tu as reçus.

Il y avait au temps d’Hérode, roi de Judée, un prêtre nommé Zacharie, de la classe d’Abia ; sa femme appartenait à la descendance d’Aaron et s’appelait Élisabeth. Tous deux étaient justes devant Dieu et ils suivaient tous les commandements et observances du Seigneur d’une manière irréprochable. »

[1] Luc, 1, 1-6 (Tob)

Le mélange des deux premières réflexions culmine ici. On s’inscrit dans une histoire qui transgénérationnellement transmet des valeurs, des croyances et des « obligations » familiales. Et dans le même temps, on veut / doit / peut faire son chemin, à soi. Quitte à se sacrifier aux yeux du clan, quitte à sortir des ornières imposées par celui-ci, quitte à s’en remettre à EPLH pour qu’Il nous accompagne et guide sur ce chemin de traverse, que nous nous apprêtons à emprunter.

Aigle – Jean

 

L’aigle, représente l’Ascension. Le combat de l’aigle et du serpent symbolise ainsi la lutte du Christ contre les forces du mal. Emblème du dieu, l’aigle est également symbole du fidèle. Il est attribué à Jean, qui évoque immédiatement le ciel et la divinité.

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement tourné vers Dieu. Tout fut par lui, et rien de ce qui fut, ne fut sans lui. En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes, et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point comprise. Il y eut un homme, envoyé de Dieu : son nom était Jean. »

[1] Jean, 1, 1-6 (Tob)

La question de la foi, de la reliance, de EPLH se pose alors. « Tout fut par lui, et rien de ce qui fut, ne fut sans lui. » nous dit Saint Jean. Et dans ce tout, il y a toi, il y a moi, il y a nous. Quelle place lui accordons-nous dans notre parcours ?

  • celle de celui à qui s’on adresse quand tout va mal, le priant de bien vouloir se pencher sur notre sort, tout en la maudissant de nous avoir placé dans la mouise (parallèle avec Job) ?
  • de celui qui veille à chaque instant, nous pousse à poser l’acte juste ? Et que nous consultons pour notre guidance dans le quotidien ?
  • Celle de l’éternel absent, qui de toute façon ne sert qu’aux grenouilles de bénitier, car l’Homme est de toute façon le plus libre arbitre de ses choix ?
  • Toute autre place qu’il te semble bon de lui accorder … et certains ouvrent leurs travaux en ruminant sans cesse sur ce prologue depuis près de quatre siècles !


Les Quatre Evangélistes dans le tarot ?


Les 4 Vivants de 21/Monde, résonnent tels une sorte de synthèse du chemin que nous venons d’accomplir. Point final du parcours, les yeux perdus vers l’Océan face auquel nous nous trouvons, à Fisterra. Là-bas, tout au bout des terres, là où le monde s’achève.

« At the end of all things » dit Frodon, dans Le Retour du Roi, perdu sur son rocher entouré de la lave du volcan qui s’écoule et brûle tout autour de lui.

Vision d'Ezechiel ou Apocalypse de Jean  dans la carte du monde du tarot ?

► Mais alors, en fin de compte, qu’est-ce que les Imagiers ont-ils voulu nous montrer : la vision d’Ezechiel ou celle de l’Apocalypse de Jean ?
► Et pourquoi cet être androgyne au centre de la carte ? C’est quand même iconoclaste, non ?
► Et pourquoi terminer le parcours du mandala sur cette note ambiguë ?
Tout cela et beaucoup plus, dans les semaines à venir … Stay tuned !
– Il m’énerve, il m’énerve ! 
-Tant que je vous énerve, madame Duchmol, c’est que vous êtes toujours connectée sur le site. Et ça, c’est la meilleure nouvelle de ma journée.
– Grrr !

La suite de l’article arrive tout bientôt.
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Cet article est un extrait inspiré du livre : Le tarot symbolique,

1.420 pages, 2014

Vincent Beckers, le tarot symbolique

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