Attis et le Bateleur

Quand un petit détail visuel crée un lien plutôt …

Attis, Cybèle et le Bateleur du tarot.

Le Bateleur est-il émasculé ?

Le Bateleur est (-il) émasculé ( ?)
En voilà une drôle d’illustration initiale et un titre pour le moins provocateur !
Et si je vous écris : de Cybèle-Attis en lien avec 1/Bateleur et 2/Papesse ?
Ah, c’est déjà plus sérieux !

Cybèle, la belle qui bêle au berger 😂

Le culte de Cybèle tire ses origines de Phrygie, en Asie Mineure (l’actuelle Turquie), d’où elle fut importée vraisemblablement par les marchands et les soldats des limes orientaux (frontières). Selon la légende, Cybèle, Grande Mère des dieux qui incarne les forces naturelles, est associée à Attis, berger rendu fou par la déesse, qui s’émascula, en mourut, et fut transformé en pin. Chaque année, au printemps, Attis ressuscite, symbole de la renaissance dans l’au-delà. C’est pourquoi le culte rendu à Cybèle comprend le rite du transport par les dendrophores du pin sacré qui le symbolise.

Ou … autre version …

Cybèle, la Mère Universelle, la Mère des dieux, était la protectrice de Bacchus. Un de ses attributs était le pin. Elle avait frappé de folie le berger phrygien Attis, son amour infidèle. Si bien qu’il s’émascula et en mourût. Prise de remords, elle le transforma en pin, l’arbre qu’elle chérissait, afin que son corps ne se corrompît jamais.

Quoiqu’il en soit …

Si le Bateleur est  castré, cela pourrait expliquer pourquoi il hésite entre la baguette (masculin) et le cercle (féminin). A plus forte raison que dans certains tarots, ce qu’il tient en main droite ressemble furieusement à des glands (testicules ?).
► Cela sous-entend aussi que les Imagiers avaient bien quelque chose en tête, en dessinant cette forme-là, à cet endroit-là de la carte. Dans la prolongation de l’entre-jambes du personnage.
► Ce qui sous-entend aussi – le tarot étant le consultant – qu’à niveau 2, la carte du Bateleur pourait renvoyer à une partie impuissante de nous-mêmes et/ou au rôle castrateur de la Papesse dans nos vies … Silence méditatif.

Le Diable se cache dans les détails. N’est-il pas ? 😈

le pin, le bateleur et la papesse du tarot

Et si la symbolique du pin venait au secours du mythe ?

Le pin est le symbole d’immortalité, de longévité, grâce à la persistance de son feuillage.
Le pin est également synonyme de force et puissance, il résiste aux vents et tempêtes.
Symbole d’immortalité en Extrême-Orient à cause de sa longévité et de l’incorruptibilité de sa résine, il serait la nourriture privilégiée des immortels taoïstes.

Le Bateleur serait-il immortel ?

En voilà une question qui mériterait un chapitre tout entier ! 

  • Il entame le tarot, après avoir rencontré le Mât, non numéroté, et représentant un principe de réincarnation. Piste intéressante donc. Mais s’il est immortel et que le tarot, c’est moi, donc je suis immortel. Syllogisme perturbant.  Mais pourquoi les Imagiers ont-ils placé ce pin sous la table du Bateleur ? Cela complique tout !
  • Le Bateleur est assimilable à Ptah et … Jésus. Voir article. Au niveau symbolique s’entend. Du coup, la question trouve réponse. Non ? Mais pourquoi les Imagiers ont-ils placé ce pin sous la table du Bateleur ? Cela complique tout !
  • Il n’a pas que le pin sous la table, il a aussi six doigts dans la main. voir article sur la notion de surnuméraire. Mais pourquoi les Imagiers ont-ils placé ce pin sous la table du Bateleur ? Cela complique tout !
Contradiction avec les trois pieds de la table ?

Le pin sous une table bancale. Certes, la table témoigne de la fragilité et de la faiblesse du Bateleur. Ce pin tout en force et puissance viendrait contredire la chose. La table, si peu ancrée, ne pourrait résister aux vents et tempêtes. Tout le contraire du pin. Mais / et. Les Imagiers du tarot n’oeuvrent pas avec la notion de perspective. Qui nous dit que le pin ne figure pas un arrière-plan, une direction lointaine vers laquelle se diriger(ait) le Bateleur ? Ou, au contraire, un endroit d’où il proviendrait ? (voir article sur le symbole assimilé au sexe féminin donnant la vie) ?
Si je mélange vos deux versions, c’est la panade totale ! 
C’est pour cela que j’insiste encore une fois sur le fait que choisir « son » tarot de travail n’est pas un choix à effectuer à la légère.
Entre le pin, symbole de mort, et le sexe féminin, symbole de vie, il n’y a pas photo !
Quoique. Quoique. N’allez pas trop vite en conclusion, chère madame ! Car du sens à ce symbole sous la table découle toute une appréhension du mandala.
Il m’énerve, il m’énerve.

C'est pour ça qu'on place des pins dans nos cimetières ?

La question est amusante, chère Madame Duchmol. A plus forte raison qu’elle n’a rien à voir avec le sujet qui nous occupe. Mais, oui, je pense effectivement, que la tradition vient de cette croyance / conviction / assimilation du pin à la notion d’immortalité. Ce qui prouve par le concret la survivance des mythes  – auxquels vous me savez si attaché –  au travers l’espace et le temps, mis au goût du jour de la culture locale.

La mort ou la vie ?

Certains tarots offrent un pin sous la table du Bateleur. D’autres, une  forme indéfinissable. Le Conver, quant à lui, propose une symbolique de sexe féminin avec 16 traits droits l’entourant : symbole d’union et de vie (16 = 16/Maison).

Il ne m’appartient pas de trancher sur quelle est la meilleure version du tarot ou la plus crédible. Je souhaite simplement vous rappeler ici que le meilleur tarot, c’est celui que vous choisirez, car il vous parle le plus. Se sensibilier au fait que ce petit détail visuel témoigne de toute la richesse symbolique des cartes du tarot est déjà une bonne chose. Afin de se conscientiser à toute l’importance qu’il y a à bien vraiment bien observer les cartes avec … Un Autre Regard 😉

Entamer le tarot avec un dessous de table (tiens, amusant ça, « dessous de table ») par un symbole de vie ou de mort … et c’est tout votre décodage du mandala qui s’en trouve transformé.

Si tu ne peux vaincre un ennemi, trouble-le, disait Lao Tseu. Vous n’êtes pas mes ennemis, amis lecteurs, mais si je vous ai quelque peu troublé, j’ai tout gagné !
Il m’énerve, il m’énerve. 

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